Frédéric Cordier est un artiste qui est né au Canada, mais diplômé de l’ECAL. En 2008, son travail de diplôme est récompensé par le prix Ernest Manganel. Il poursuit ses études et obtient un Master de l’ECAL en 2010, dont l’axe principal s’articule autour du médium du papier peint et sa mise en espace. Il réalise ainsi diverses installations, notamment dans la chapelle de Tell à Montbenon (Lausanne), ainsi que dans des usines désaffectées à Tbillissi et à Paris. En 2011, il réside 6 mois à la Cité des Arts de Paris où il travaille sur de grandes linogravures. A partir de 2013, il s’établit au Québec et continue d’y développer sa carrière artistique.

 

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L’usine est avant tout un concept qui doit mener efficacement à une production. Les formes architecturales qui en découlent n’ont pas de prétention esthétique et ont pour origine la fonction. Souvent déplacées en périphérie de zones urbaines ou délocalisées dans des pays en voie de développement, elles alimentent les besoins de notre société.

Chacune des gravures que Frédéric Cordier compose est issue de photographies et d’observations réalisées à proximité de sites industriels. Ces visites lui permettent de s’imprégner de l’atmosphère qui en émane et de recomposer un paysage auquel il incorpore des motifs simplifiés de matières imaginaires et de matériaux manufacturés. Ces associations de motifs et de formes créent une ambiance irréelle où l’industrie lourde est intégrée à des contextes organiques.

L’artiste a découvert les sites industries de la Côte-Nord au Québec. Les alumineries brutalement implantées dans le paysage naturel l’ont interpellé. Discrètement signalées par de petits panneaux en bord de route, les apparitions soudaines de ces infrastructures monumentales se livrant à des activités secrètes lui apparaissaient comme de véritables hallucinations visuelles. Cette dimension irréelle est traduite dans son travail par des associations de motifs psychédéliques et de formes géométriques faisant également référence à l’op art et au pointillisme. Les titres de ses gravures se terminant par « Ink. » se réfèrent à l’aspect corporatif et entrepreneurial de ces usines mais aussi au domaine de l’estampe.